15/04/2014

Chapitre 5

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  Je me retrouve donc tout seul, Mia préférant se reposer à la maison, devant l’immeuble où vivent mon frère et son compagnon. J’hésite vraiment à entrer, je sais qu’il faut que je le fasse. Qu’il faut que j’entre et que je lui dise tout ce que je viens d’apprendre… Mais d’un autre côté, mon côté protecteur, j’ai envie de garder pour moi ces informations le plus longtemps possible… J’ai bien trop peur de la réaction que mes paroles risquent d’engendrer chez mon jumeau.

  Je n’ai malheureusement pas le temps de me poser plus la question, Andrew tombe nez à nez avec moi en sortant les poubelles. J’inspire un bon coup, quand faut y aller… Je m’approche et lui adresse un grand sourire :

-       Salut Drew.

-       Hey Bastian, ça fait plaisir de te voir. Cody est en haut, va s’y je vous rejoins.

  Je hoche la tête, et m’aventure dans le hall d’entrée de l’immeuble. Je gravis les marches deux à deux, et entre comme à mon habitude sans frapper. Cody a dû m’entendre monter les escaliers, car j’entends sa voix résonner depuis le salon :

-       Tu as fait vite avec les poubelles Drew… Je sais que j’ai avancé le bon argument pour te motiver mais quand même…

  Arg ! Il y a des moments où je regrette ma manie d’entrer dans une pièce sans prévenir de mon arriver. Ou alors je regrette de ne pas tout simplement être sourd. Je veux bien que mon frère ait le même âge que moi, qu’il soit en couple même avec un homme ça ne me dérange pas… Mais de là à l’entendre batifoler et dire des cochonneries… Non mon cœur de grand frère ne peut pas le supporter.

  Je vous vois lever les yeux au ciel et je sais à quoi vous pensez, c’est vrai techniquement c’est lui le plus vieux, mais j’ai gagné le titre de grand frère en le protégeant depuis toujours. Bref, passons.

  Je m’avance donc dans l’appartement pour faire comprendre à mon jumeau qu’il se goure totalement. Pour préserver mon innocence, je mets une main devant mes yeux à l’approche du salon :

-       Ce n’est que moi Cody, Casanova est occupé à jouer les éboueurs… Alors range ton attirail et tâche d’être décent je vais entrer.

-       Merde !

  J’entends mon frère se relever et faire tout un tas de bruit dans le salon. Mais qu’est ce qu’il fabrique ? Non, attendez… En fait je ne veux pas le savoir. Tout ce que je sais c’est que je vais patienter encore une ou deux minutes dans le couloir, c’est plus prudent.

  Mon jumeau ne met pas longtemps avant de me rejoindre dans le couloir, une lueur d’interrogation dans le regard. Je m’apprête à lui sortir une connerie, mais il me devance en disant :

-       Ben qu’est ce que tu fabriques dans le couloir ? Viens donc dans le salon…

  Et il dit tout ça en prenant un air angélique, comme s’il ne venait pas de remettre le salon dans un état présentable… Bref c’est Cody, on ne le changera plus. Je suis d’ailleurs heureux de voir qu’il s’épanouit autant en étant ici.

  Je m’avance vers lui, et lui donne une tape dans l’épaule :

-       Je regardais le papier peint crétin !

-       Je t’ai toujours dit quand nous étions petits, qu’à force de sniffer de la colle tu deviendrais louche… Eh bien tu aurais mieux fait de m’écouter.

  Je hausse les épaules et ne sachant pas quoi lui répondre, je fais mine de lui passer devant le nez pour aller dans le salon… Toutefois, au moment où il s’écarte pour me laisser passer, je le bloque dans un coin. Il tente de m’échapper mais je tiens bon. Il fait une moue contrariée quand il se rend compte qu’il ne peut rien faire pour se soustraire à ma poigne. Il pose son front contre mon épaule d’un air dépité, pousse un grand soupir et demande à voix basse :

-       Et maintenant tu comptes me faire quoi ?

-       Oh pas grand-chose… Juste ça !

  Je vous le donne dans le mile, comme le grand gamin que je suis, je me suis mis à le chatouiller. Et comme je m’y attendais il s’est mit à se tortiller dans tous les sens, me suppliant d’arrêter… Mais je ne pouvais pas le laisser filer trop rapidement, ça ne serait pas amusant sinon… J’ai alors fait durer mon petit manège jusqu’à ce que nous soyons à bout de souffle tous les deux. Puis je l’ai relâché et nous nous sommes tous les deux adossés contre le mur. Je lui dis alors :

-       C’est pour avoir dit que j’étais quelqu’un de louche…

-       Je m’en suis douté Bas, mais tu sais il n’y a que la vérité qui blesse.

-       Oh c’est bon hein.

  Je lui donne un coup de coude dans le ventre. Nous rions tous les deux face à nos réactions respectives. On a beau avoir vingt ans, quand nous sommes ensemble ils nous arrivent souvent d’avoir des réactions de gosses. Sans doute parce qu’on nous a en quelque sorte privé de notre enfance… Mais là n’est pas la question, restons dans le présent.

  Andrew revient à ce moment précis dans l’appartement et nous trouve adossés et débraillés contre le mur. Il se donne une tape sur le front, puis d’un air dramatique demande au bon dieu ce qu’il a fait pour mériter ça. Avant de reporter son regard sur nous et de sourire d’un air canaille :

-       On ne peut vraiment pas vous laissez seuls tous les deux… Les enfants.

  Et comme à mon habitude, je ne peux m’empêcher de rentrer dans le jeu de mon beau-frère :

-       Tu t’es regardé vieux crouton ! Bientôt on sera obligé de te surveiller à chaque seconde pour éviter que tu ne te fasses dessus.

  Il hausse les épaules en se retenant de rire, puis se dirige dans notre direction, nous pousse nonchalamment pour pouvoir passer et se rendre au salon. Cody et moi râlons pour la forme et le suivons machinalement.

-       Je ne sais pas vous, mais je ne comptais pas rester dans le couloir toute la soirée.

  Ajoute Andrew, avant de se vautrer sur le canapé. Cody s’empresse, malgré mes protestations, de filer en cuisine pour me ramener quelque chose à boire. Sachant très bien que je ne pourrais pas l’en empêcher, je décide donc d’aller me poser sur le fauteuil faisant face au canapé.

  Cody revient quelques secondes plus tard, il dépose les verres et le soda dans un plateau sur la table basse. Andrew et moi le remercions, il nous sourit puis tente de se faire une place sur le canapé malgré le grand corps d’Andrew qui y est vautré.

  Andrew ricane devant l’air désespéré qu’affiche mon jumeau, se redresse pour s’assoir et attire mon jumeau sur ses genoux. J’ai envie de leur dire que si je dérange… Mais je préfère me taire, Drew risque de rentrer dans les détails de ce que je viens d’interrompre, et je n’y survivrai probablement pas.

  Je regarde donc ailleurs tandis que mon jumeau s’affaisse contre son homme, que ce dernier referme ses bras autour de lui et pose sa tête sur son épaule. Le silence est rompu par la voix de mon frère, je reporte donc mon attention sur lui :

-       Mia n’est pas avec toi ?

-       Non elle s’est sentie mal pendant le déjeuner avec papa… Elle a préféré rester à la maison pour se reposer…

-       Oh…

  Je regarde mon frère, je crois remarquer que son regard se trouble… Mais il se reprend bien assez vite et je n’ai pas le temps de comprendre ce qui lui est passé par la tête. Andrew voyant qu’on se contente de se regarder tous les deux, reprend la conversation :

-       Elle doit surement souffrir de la chaleur, elle est arrivée si soudainement que ça peut surprendre… Et comme Mia n’était pas au meilleur de sa forme dernièrement, ça doit sans doute venir de là.

-       Oui tu as sans doute raison Drew.

    Je les écoute parler, ces arguments je me les suis tourner en boucle dans ma tête. Mais… je ne sais pas, ça ne peut pas être aussi simple. Je suis sur qu’il y a quelque chose, il faut vraiment que j’en ai le cœur net… Je soupire et me passe une main dans les cheveux, Cody discernant mon trouble intérieur se relève des genoux d’Andrew et vient vers moi. Je lui fais un peu de place sur le fauteuil, il me sourit et nous nous retrouvons assis flanc contre flanc. Puisant notre force dans l’autre. Je souris en le sentant glisser une main dans mon dos, et pour une fois je m’autorise moi à chercher du réconfort en posant ma tête contre son épaule.

  Ça fait bizarre de voir nos rôles inversés, mais je sais que c’est l’ordre naturel des choses. Il sera toujours là pour moi, comme je l’ai été pour lui, rien ni personne ne pourra changer cela. Andrew respecte notre besoin de contact et reste à distance, pour se donner une contenance il se sert un verre et le sirote tranquillement.

  Au bout d’un petit moment je parviens à me ressaisir et à chasser mes doutes. Je redeviens le Bastian sur de lui et fier, et me souviens de la raison de ma venue ici ce soir. Il faut que je reprenne le dessus, que je sois fort pour aider mon frère dans ce qui va venir.

  Cody encore une fois ne me surprend pas. Il tourne son regard dans ma direction, et comme s’il lisait dans mes pensées, demande :

-       Au fait Bas, pourquoi tu es venu ce soir ? Je sais que ce n’est pas uniquement pour me voir…

  Et voilà on y est, je lance un regard à Andrew. Comprenant le message, il se rapproche lentement vers nous, de façon à pouvoir soutenir Cody si la situation dégénère. Je l’en remercie d’un signe de tête, inspire un bon coup puis me concentre à nouveau sur mon jumeau :

-       Non en effet… Je… Papa m’a annoncé quelque chose au déjeuner, et je préférais te mettre au courant moi-même.

  Voyant l’expression paniquée sur le visage de Cody, Andrew me devance et prend sa main dans la sienne, lui caressant doucement les phalanges dans le but de l’apaiser. Cody s’appuie légèrement contre moi, et me dit :

-       Va s’y Bastian. On t’écoute…

-       Eh bien c’est au sujet du procès.

  Je sens Cody se raidir imperceptiblement contre moi, je crains de plus en plus sa réaction. Il se frotte les tempes de sa main livre, je vois que sa mâchoire est légèrement crispée. Il soupir fortement et me demande alors :

-       Quel procès ? Celui du divorce… Ou l’autre ?

-       Ton procès Coco…

  Il ferme les yeux en m’entendant prononcer ces quelques mots. Je sais que c’est dur pour lui d’en parler, car à chaque fois il revoit le flash back de son accident en esprit… J’aimerais pouvoir effacer cet épisode traumatisant de sa vie, mais je ne le peux pas. Tout ce que je suis en mesure de faire, c’est le soutenir et l’aider à traverser cette épreuve dans les meilleures conditions possibles.

  Voyant que personne ne dit mot, je continue :

-       L’avocat pense qu’il est préférable dans ton cas d’assister à une pré-session avant le véritable procès.

-       C’est peut être pas une mauvaise idée…

  Je regarde à nouveau mon jumeau, c’est aussi ce que j’avais pensé sur le coup… Mais je sens que comme moi, ce qui va suivre ne va pas lui faire plaisir.

-       C’est ce que je pensais aussi…

-       Alors qu’est ce qui te tracasse comme ça Bas ? Allez dit nous tout, me presse Andrew.

-       La pré-session devra se faire en comité restreint. Le juge, les deux avocats, Cody… et Dick.

  Je ne poursuis pas plus longtemps, leur laissant le temps d’emmagasiner cette terrifiante information. Je me cale bien au fond dans le fauteuil et observe mon frère du coin de l’œil essayant de jauger ses émotions.

  Comme je m’y attendais, Cody se renferme sur lui-même. Il garde les yeux fermés, je suis presque certain que sa main est en train de broyer les doigts d’Andrew. Andrew qui quant à lui se passe une main dans les cheveux, puis me demande :

-       Il n’y a pas moyen de changer cela ? Je veux dire… On pourrait demander à ce que quelqu’un l’accompagne…

-       Papa m’a dit qu’il y avait peu de chance que ça marche. Même dans le cas présent.

-       Merde…

  Nous gardons ensuite tous les deux le silence et reportons notre attention sur Cody. Il à l’air totalement perdu dans ses pensées à essayer de garder le dessus. Je vois ses lèvres remuer, je suis quasi certain qu’il n’en est pas conscient lui-même, mais je ne distingue pas ce qu’il peut bien dire.

  Andrew caresse doucement les cheveux de mon jumeau de sa main libre, essayant de le rassurer par un contact apaisant. Voyant que ça ne suffit pas, il se redresse et vient murmurer des paroles réconfortantes à son oreille. Je maudis mon père pour avoir fait de moi le messager d’une nouvelle pareille.

  Je savais comment ça allait finir, et je souffre une fois de plus de ne pas pouvoir aider mon frère à sortir de cette spirale infernale. Tout ce que je peux faire pour l’instant c’est prier pour qu’il ne soit pas au prise avec une crise d’angoisse. Crises qui grâce à sa psychologue ont réussit à perdre de leur intensité…

-       C’est bon. Ça ira. Je vais le faire.

  Andrew et moi sommes bouche bée en entendant les paroles de mon frère. Nous étions à vrai dire tellement perdus dans nos pensées, que nous n’avons pas remarquées le moment où il a remporté le combat contre son angoisse.

  Je regarde mon frère et pose une main sur son épaule, instinctivement Andrew imite mon geste. Nous le regardons tous deux un moment avant de dire à l’unisson :

-       Tu es sur de toi ?

  Il prend le temps de réfléchir à sa réponse, je le vois à l’expression de son visage. Andrew et moi restons donc dans la même position en attendant qu’il reprenne. Et je dois dire que sa réponse me surprends et m’émerveille tout en même temps… Il a fait tant de progrès ces derniers temps, je suis si fier de lui. Plus le temps passe, et plus il devient fort.

-       On ne peut plus sur. Je ne peux pas continuer à vivre en ayant peur de ma propre ombre. Il faut que j’aille de l’avant. Et il n’y a pas de meilleure occasion pour me prouver à moi-même que je suis capable d’affronter mes peurs. Je vais y aller, je vais regarder Dick droit dans les yeux, je n’aurai pas peur, je resterai fier.

  Franchement si la situation s’y prêtait, je l’aurai applaudit. Il m’épate un peu plus chaque jour. Mais je me contente de sourire et de faire une légère pression sur son épaule avant de le relâcher.

-       Je le dirais à papa dans ce cas.

-       Laisse Bas, tu en as déjà fait tellement. Je l’appellerai moi pour le prévenir.

-       Comme tu voudras.

  Andrew parait un peu anxieux suite à la décision de Cody, je peux le comprendre. Malgré la résolution farouche présente dans les yeux de mon frère, on ne sait pas vraiment comment il va réagir en présence de Dick. Après tout, il ne l’a pas revu depuis le soir de l’accident… Mais il faut que nous fassions confiance à mon frère. Il en est capable, et si on croit en lui c’est une bonne chose pour le conforter dans son idée.

-       Je suis fier de toi, bébé. Tu n’imagines pas.

-       Merci Drew.

  Andrew embrasse rapidement les lèvres de mon frère, puis reprend sa place sur le canapé comme si de rien était. L’ambiance redevient automatiquement décontractée, nous omettons volontairement les sujets fâcheux pour nous concentrer sur le meilleur.

  Le reste de la soirée se passe donc sans anicroches. Je les abandonne à leur batifolage peu avant minuit pour retrouver ma Mia. A peine le seuil de leur appartement franchis que mes angoisses la concernant reprennent le dessus.

  Est-ce qu’une fois dans ma vie je pourrais être capable de vivre une seule journée sans m’inquiéter pour une personne que j’aime ? Je me pose la question… 

13/04/2014

Chapitre 1

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  Et voilà comment commence mon histoire. Je me trouve debout devant le miroir de ma chambre à me contempler sous tous les angles. Pourquoi ? Eh bien tout simplement, car je suis de plus en plus perplexe par rapport au choix de ma tenue… Mais comme j’ai perdu un pari, il faut bien que je m’y tienne.

  Non, vous ne voulez pas savoir quel est le pari que j’ai perdu. Je vous assure que vous ne le voulez vraiment pas… Bon ok, comme je ne peux pas me taire de toute façon je vais vous le dire. Enfin je vais y penser… Bref vous avez compris le système, je ne suis pas tout seul dans ma tête, mais bon à moi ça me va. C’est l’essentiel non ?

  Bref… Revenons-en au pari que j’ai bêtement perdu. Je pousse un soupir.

 

 Alors voilà, nous étions ma meilleure amie et moi dans une boite de nuit. Jusque là tout va bien. C’était un vendredi soir, il faisait beau, les oiseaux chantaient… Je m’égare pardonnez-moi.

  Donc nous étions en boite avec Brittany, quelque peu éméchés je dois bien l’avouer, quand un très beau jeune homme à fait son entrée. En fait il n’était pas vraiment mignon, c’était la faute de l’alcool tout ça ! Bref… Donc comme à notre habitude en flairant un nouveau gibier, nous nous sommes misent en mode « Bitch ».

  Pour que vous ayez une idée de quoi je parle. Brittany à remit son décolleté en place, j’ai secoué mes longs cheveux de gauche à droite. Nous avons tous les deux croisés les jambes, prient notre cocktail en main et mordiller la paille qui s’y trouvait tout en regardant notre cible potentielle s’avancer.

  Jusque là encore tout est normal, c’est plus tard dans la soirée que tout a dérapé. Continuons. Donc le beau jeune homme est entré dans le bar comme si de rien n’était, a volontairement ignorer nos regards enamourés de Bitchs alcoolisées. Il a fait mine de chercher du regard une connaissance à lui, mais ne voyant personne il fut contraint de s’avancer vers le bar. Et oui c’est à CE moment précis que j’aurais mieux fait de me la fermer.

  Je me souviens m’être penché vers Brit, et lui avoir murmuré à l’oreille quelque chose dans ce style là :

-       Hé cocotte, tu paries combien que j’emballe ce mec avant toi ?

-       Tu veux parier ?

-       Oh ouais !!!

  J’étais vraiment sur de moi à cet instant là, et je ne pensais pas aux conséquences… J’aurais peut être du y réfléchir à deux fois. M’enfin bon, ce qui est fait et fait. Continuons.

  Brittany m’avait alors adressé un grand sourire, puis après une poignée de main scellant notre accord, elle avait dit :

-       Pari tenu. Tu vas souffrir bébé.

  Je me souviens avoir haussé les épaules de manière nonchalante, avoir passé une main dans mes cheveux. Puis m’être avancé sur la piste de danse, en frôlant au passage le jeune homme qui passait sa commande au barman.

  Jeune homme qui m’a ensuite détaillé de la tête au pied, comme bon nombre de personnes ont tendance à le faire. J’ai fait à mon tour mine de ne pas le voir et ai continué mon chemin. Comme si c’était le destin, une de mes chansons favorites a alors été lancée par le DJ. Que demandez de plus ?

  Je dansais donc, habiter par la musique comme à mon habitude. De nombreux regards se posant sur moi. Je sais qu’ils étaient tous en train de se demander d’où je pouvais bien sortir ? Qu’est ce que j’étais au juste ? Peu importe, qu’ils regardent, admirent et bavent même… Tant que ça reste propre.

  Du coin de l’œil, j’ai vu que ma cible avait le regard braqué sur moi. Je lui ai adressé un clin d’œil, ai ralentit le rythme de mes pas de danses pour revenir vers le bar. Arrivé à sa hauteur je me souviens lui avoir demandé :

-       Tu m’offres un verre chéri ?

-       Hum… pardon. Tu disais ?

  J’ai suivi son regard qui n’est absolument pas posé sur moi (comment osait-t-il ?!), pour me rendre compte que ma meilleure amie était en train de danser  dans la cage. La salope ! Elle s’était bien foutue de ma gueule… Elle avait préparé son coup, et regardez là qui remue son bassin comme si elle était en train de copuler avec la barre. Connasse va, elle est diabolique !

  Ravalant ma fierté, j’ai posé une main sur l’avant bras de la cible, lui adressant un sourire avant de lui dire :

-       Ne fait pas attention à l’énergumène qui se trémousse dans la cage. En réalité c’est un mec, il cache bien son jeu…

  Enorme coup bas je sais, en plus doublé d’un mensonge… C’est honteux, mais je ne voulais absolument pas perdre mon pari. Le jeune homme, Kyle il me semble que le barman l’a appelé comme ça, s’est avancé vers moi. Mon cœur s’est affolé face à tant de proximité, j’ai senti son sourire en coin contre ma peau. Puis je l’ai entendu me dire :

-       Et toi, tu es quoi ? Un troublant personnage ça c’est sur…

-       Euh… Moi je suis… Ivy.

  J’ai tellement ressentit le besoin de me foutre une baffe et de me cacher sous terre en entendant ma réponse. Bravo Ivy, quel rentre dedans tu viens de nous faire ! Rentre chez toi, et ne ressort plus avant au minimum un mois.

  Il a ricané, et pas dupe pour un sous m’a abandonné au bar pour se diriger droit sur ma meilleure amie en train de se battre contre les lois de la gravité. Il faut vraiment que je prenne des cours de poll dance moi ! Arg… Elle a gagné ce coup là !

  Voilà vous savez tout, il est maintenant temps pour moi de quitter cette chambre… dans cette tenue.

  Je me regarde une dernière fois dans le miroir, mon dieu qu’elle soirée ! Je jette un coup d’œil à ma montre, et me rendant compte que Brittany ne devrait plus tarder, je décide d’enfin sortir de cette chambre. Je rejette une mèche de mes cheveux derrière mon oreille, inspire un bon coup et me lance.

  Ce que je vois en sortant de la chambre ? Scotty avachit sur le canapé, une bière à la main, son autre main piochant à intervalles réguliers dans le paquet de chips. Il y a tellement de classe dans l’attitude de mon colocataire que ça en devient éblouissant.

  Voyant qu’il ne réagit pas à mon entrée spectaculaire dans le salon, je fais claquer mes talons sur le sol et décide de siffler. Il pousse un énorme soupir, se redresse et quitte l’écran de télévision du regard pour enfin le braquer sur moi. J’ai failli attendre…

-       Alors Scotty comment tu me trouves ?

  Il frotte de sa main la barbe de deux trois jours qui borde son menton, me détaille de haut en bas. Puis réponds en prenant un air énigmatique :

-       Tu es… Comment dire le choix de vêtement est assez osé. Mais bon dieu, si je ne te connaissais pas… Il y a de forte chance pour que j’essaye de t’avoir dans mon lit !

  Je ricane, bon ok finalement la soirée risque d’être amusante si ces messieurs ont le palpitant qui s’affole en me voyant.

-       Merci chéri mais… Tu sais que ça n’arrivera jamais.

  Il hausse les épaules et lève les yeux au ciel, je m’avance vers le canapé et vais m’assoir sur ses genoux. Il glisse une main dans le bas de mon dos et me tient contre lui. Je lui demande encore une fois :

-       Tu es sur que tu ne veux pas sortir ce soir ? Ça te ferait du bien.

-       Non ça ira… J’ai encore un peu mal à la tête, Scott reprendra du service le week end prochain.

  Je souris et dépose un baiser sur son front, et fronce les sourcils en sentant sa main s’aventurer plus bas. Passant une main dans son dos je l’intercepte avant qu’il n’aille plus loin, et lui demande faussement énervé :

-       Qu’essayais-tu donc de faire coquinou ?

-       Juste vérifier si tu portais quelque chose sous cette robe microscopique et ô combien moulante.

  Je ris c’est plus fort que moi, il est vraiment fou mon Scotty quand il s’y met. Je pose ma tête contre son épaule :

-       Bien sur que je porte quelque chose en dessous, je veux préserver ma vertu voyons !

-       Ta vertu a fait la mal il y a bien longtemps Ivy. Elle s’est même taillée au grand galop.

  Je lui donne une petite claque derrière la nuque en rigolant :

-       Rah t’es bête.

-       Bon alors si il n’est pas question de ta vertu… Je dirais que tu portes quelque chose sous cette robe pour dissimuler ce que toi et moi savons.

  Il dit ça en affichant un sourire éblouissant, il n’a pas tout à fait tort… Je me relève et lui embrasse la joue. Je ne peux pas m’en empêcher, je suis quelqu’un de très tactile.

-       Peut être bien oui. Je ne me suis pas embêté pendant plus de quatre heures à mettre au point mon maquillage, ma coiffure et ma tenue pour me faire démasquer de prime abord par … Ce que nous savons.

  Il rit et reporte son attention sur le canapé. Je m’apprête à lui dire que ça ne se fait pas de couper court à une conversation en ignorant la personne qui lui fait face. Mais je n’en ai pas le temps, la sonnette de notre petit appartement retentit.

  Je bondis malgré mes talons et arrive devant la porte en moins de temps qu’il n’en faut pour le dire. Je prends le temps de jeter un coup d’œil dans le miroir de l’entrée : parfait. J’ouvre donc la porte lentement et prend ma pose de Diva pour me livrer au regard critique de ma meilleure amie.

  Je la vois reculer et écarquiller les yeux de surprise. Je suis fier de moi, c’est la réaction que j’espérais ! Elle m’a lancé un pari qu’elle ne pensait pas que je tiendrais, et pourtant je m’y suis mis à fond. Désolé chérie.

  Je fais la révérence, un sourire en coin et clame fièrement :

-       TADA !

  Mon amie sort de sa léthargie et s’avance vers moi, elle me donne une tape dans l’épaule et annonce :

-       Putain Ivy tu es superbe ! Tu vas nous emballer toute la boite ce soir ! Même les hétéros…

  J’éclate de rire, récupère ma pochette qui traine sur le meuble de l’entrée. Je dis au revoir à Scotty, et glisse une main dans le dos de Brittany. C’est bras dessus, bras dessous que nous traversons le couloir en imaginant les pronostics de notre folle soirée à venir.

  J’ai hâte.

06/04/2014

Chapitre 4

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    Mia et moi marchons tranquillement dans la rue, ma main est posée dans son dos, sa tête repose contre mon épaule. Nous discutons de tout et de rien, profitant du beau temps tout en nous rendant au restaurant. En effet nous avons rendez-vous à midi pour un déjeuner avec mon père, il a dit avoir à nous parler de quelque chose d’important sans la présence de Cody… Soit, nous verrons bien.

  Mia me ramène à l’instant présent en déposant un petit baiser dans mon cou, je lui souris et ébouriffe doucement ses cheveux avant de dire :

-       Attention Minouche on pourrait croire que tu es romantique quand tu agis comme ça…

  Je la sens hausser les épaules contre moi, du coin de l’œil je la vois se mordiller la lèvre inférieure signe qu’elle cherche quoi me répondre. J’ai presque envie d’en rire, elle est tellement prévisible… Ou peut-être est-ce moi qui ne l’a connait que trop  bien ? Après tout on se connait depuis toujours ! Oh bon sang… Et c’est moi qui traite Mia de sentimentaliste et romantique ? Heureusement qu’elle ne m’entend pas penser !

  Un petit coup de coude dans les côtes me ramène à nouveau vers elle, je tente de me constituer un visage qui ne trahirait pas mes pensées. Je dois être en train d’afficher une sale grimace parce que je vois Mia écarquiller les yeux avant d’éclater de rire… Moi aussi je t’aime !

-       Tu pensais à quoi là Bas ? Allez dit moi…

-       Ce qui est dans ma tête, reste dans ma tête, sinon le monde risque de courir un grave danger.

  Et là, elle pose ses deux mains sur mes épaules pour me faire face. Puis elle prend son air de chien battu, c’est limite si sa lèvre inférieure ne tremble pas. Je lève les yeux au ciel, pour me donner une contenance sinon je risque de craquer, et dis :

-       Je pensais qu’on allait arriver en retard.

-       Tu te fous de ma gueule en plus ? Tu oses faire ça Bas ?

  Attention dans quoi je me suis embarqué… Tout serait dix fois plus simple si je ne m’efforçais pas de cacher mes petits côtés tendres, mais c’est plus fort que moi. Surement parce que les footballers se contente de se comporter comme des gorilles sans cervelles ? Je dois avoir hérité du gène, on doit être prédestiné à agir comme on le fait…

  Enfin c’est ce que j’aimerais croire, parce qu’ai  final c’est juste pour éviter d’entendre Mia et les deux autres me balancer mon côté sentimentaliste au visage à chaque seconde de chaque jour… Oui non parce que j’aime bien les taquiner souvent à ce sujet, donc je n’imagine même pas ce qu’ils me feraient subir s’ils l’apprenaient…

  Mia se met à taper du pied pour attirer mon attention (oui vous avez bien lu, elle tape du pied, dans la rue devant tout le monde, parce qu’elle est contrariée… manquerait plus qu’elle se mette à bouder).

-       Bastian Marchal, si tu ne me dis pas tout de suite ce qui te passes par la tête (sourire sadique)… Tu vas te retrouver priver de sexe !

  Elle est vraiment sadique ma nana, beaucoup plus depuis qu’elle fréquente Andrew je dois dire. Si vous pensez que je suis fichu avec cette bande de fous… Je suis entièrement d’accord avec vous !

  Je me pince l’arrête du nez, inspire un bon coup prêt à lui avouer au moins un petit détail… mais lorsque j’ouvre ma bouche c’est encore une fois une connerie qui en sors :

-       Genre tu ne tiendrais pas le coup ! Tu as trop besoin de moi !

-       Je tiendrais le coup Bas… J’ai quelques… Jouets dirons nous, pour m’aider à tenir le coup.

  Je grogne, elle aime me mettre en rogne je crois. Enfin je ne le suis pas vraiment, j’aimerais juste qu’elle me dise qu’elle non plus ne peut pas se passer de moi. Ce qui va être dur pour elle, parce que je ne lui ai jamais avoué que je ne pouvais plus me passer d’elle. Et donc à moins qu’elle lise dans les pensées… STOP ! Bastian tais toi, et réponds maintenant :

-       Ok je vais te le dire… Je pensais juste à combien je t’aime (c’est en partie vrai ne me regardez pas comme ça !).

  Je savais que cette semi révélation allait la combler de joie, mais je n’aurais jamais pensé avoir besoin de boule Quies pour protéger mes tympans… Et pourtant.

-       Kyyyyaaaa (elle se jette dans mes bras) ! Mais c’est trop mignon (embrasse mes lèvres), moi aussi je t’aime Bassounet (embrasse mon nez)… C’était si dur à avouer (tape derrière la nuque) ?!

  Je ronchonne au moment de la tape derrière ma nuque, mais je referme mes bras autour d’elle et la sers contre moi. Je niche mon visage contre son cou et hume son odeur. Elle frissonne en sentant mon souffle contre sa peau, je lui réponds alors :

-       Non ce n’était pas dur à avouer… Mais te voir ronchonner c’est trop… mignon (j’ai faillis dire cute !).

-       Tu es un cas désespéré mon chéri tu le sais j’espère ?

-       Ouais je sais… Mais tu m’aimes quand même alors ça me va.

  Elle ricane et nous reprenons notre chemin, main dans la main, jusqu’au restaurant. Nous tournons au coin de la rue et constatons que mon père se trouve déjà devant, munit de son portable en pleine conversation. Je nous fais ralentir le pas, je sais depuis tout petit qu’il n’aime pas être dérangé quand il est au téléphone… Et ne voulant pas gâcher la journée, autant garder nos distances pour le moment.

   Mia doit comprendre de quoi il est question, car elle fait mine de ralentir devant une vitrine et de regarder à l’intérieur, tout en caressant doucement mon dos de haut en bas. Je souris face à son geste, j’ai envie de lui dire que ce n’est pas nécessaire de me rassurer… Mais à vrai dire je n’en sais rien. C’est quand même bizarre d’agir instinctivement et de se protéger ainsi d’une crise de colère potentielle de la part de son père non ? Il faut croire que moi aussi, sous la surface, j’ai des problèmes… Je ne dirais pas que c’est de la peur, enfin peut être un peu… Bref, inspiration, expiration, on oublie et on se concentre sur Mia.

   Mon père nous remarque de loin, il met fin à sa conversation téléphonique et s’avance vers nous. Je me redresse à son approche et peut être sans m’en rendre compte sers un peu la main de Mia dans la mienne.

-       Salut vous deux, j’espère que vous avez faim.

  Hochement de tête de notre part à tous les deux, Mia s’avance pour faire une bise sur la joue de mon père, je me contente d’une brève étreinte. Je ne peux m’empêcher de demander :

-       Papa c’était qui au téléphone ?… Tu as l’air contrarié.

  Je me demande bien pourquoi je lui ai posé la question. Je crains un peu de le mettre en colère et qu’il me réplique de me mêler de ce qui me regarde, comme il l’a toujours fait. Mais non il se contente de me répondre d’une voix posée :

-       C’était l’avocat. Allez entrons maintenant, nous pourrons discuter autour d’un bon repas.

  Il hausse les épaules et nous précède pour entrer, nous le suivons toujours main dans la main. Je me demande de quoi l’avocat lui a parlé, est-ce du divorce ou au sujet du procès ? Dans les deux cas, je me demande ce qui a pu contrarier mon père.

  Un serveur vient nous placer à une table près de la fenêtre, nous le remercions, commandons nos boissons. Il nous tend la carte des menus et nous dit qu’il passera plus tard prendre notre commande.

-       Alors les enfants, comment avance le déménagement ?

-       Tout va pour le mieux. D’ici la fin de la semaine on aura finit je pense, et on pourra emménager.

-       Oh mais c’est génial ! Vous avez bien avancé dit donc. J’ai hâte de voir le résultat.

  Mia tapote de ses ongles sur la table, je me demande bien ce qui peut lui passer par la tête. Je note de le lui demander plus tard. Elle remarque mon regard posé sur elle, elle sourit à mon père et lui répond :

-       Nous pensons faire une pendaison de crémaillère le samedi suivant l’emménagement. Vous êtes invités bien sur.

-       Je viendrais avec plaisir dans ce cas.

  L’atmosphère est un peu plus détendue quand le serveur revient pour prendre les commandes. Fidèle à moi-même je commande un steak frites bien saignant. Mon père se contente d’une espèce de poisson (je n’ai pas écouté, je n’aime pas ça) et de riz. Mia elle commande une salade, je me retiens de lui dire de commander autre chose… Depuis un petit moment je trouve qu’elle ne mange pas assez, quand je lui en fais la remarque elle se jette sur une pâtisserie ou autre… Donc je laisse tomber.

  Mon père lui ne se gêne pas apparemment pour dire le fond de sa pensée :

-       Je ne voudrais pas me mêler de ce qui ne me regarde pas (non bien sur), mais tu devrais manger un peu plus Mia. Tu es bien pâle en ce moment je trouve.

  Mia arrête instantanément de tapoter avec ses ongles sur la table, elle se mord la lèvre inférieure en croisant le regard de mon père. Ne croyez pas que je n’ai pas remarqué qu’elle s’efforce d’éviter le mien… Elle inspire un bon coup et réponds :

-       Je n’ai pas vraiment faim aujourd’hui… Ce doit être la chaleur.

  Mon père soutient son regard pendant un petit moment avant de hausser les épaules et de rendre les menus au serveur, qui s’empresse de ramener notre commande en cuisine. Mia à l’air vraiment songeuse suite à la remarque de mon père, je la questionnerai plus tard à ce sujet… Et j’obtiendrais les réponses qu’elle me tait depuis peu. Pour l’heure, je me contente de poser une main sur sa cuisse pour lui rappeler ma présence. Ça semble l’aider, car je vois la tension de ses épaules se relâcher.

  N’y tenant plus vraiment, et voulant savoir à tout prix la raison de notre présence ici, sans mon frère, je me lance :

-       Alors papa, pourquoi nous as-tu fait venir ici exactement ?

-       Tu ne veux pas attendre la fin du repas pour en parler Bastian ?

-       Hum… Non, parce que ça va faire deux jours que j’ai ce repas en tête. Je ne cesse de me demander de quoi tu veux parler, surtout si Cody doit être maintenu à l’écart.

  Mon père sourit en m’entendant prononcer la fin de ma phrase, une lueur d’émerveillement dans les yeux. Il boit une gorgée de vin pour se donner une contenance et me dit enfin :

-       Je trouve admirable la façon dont tu prends soin de ton frère Bastian, vraiment.

  Je hausse les épaules, je n’ai pas vraiment eut le choix. Et même si je l’avais eut, je n’aurais rien changé dans ma façon d’agir. Prendre soin de Cody est comme une seconde nature chez moi. Je me contente pour seule réponse de dire :

-       C’est mon jumeau.

  Mia recouvre ma main de la sienne, et caresse doucement mes phalanges, elle sait à quel point ce sujet peux me mettre à fleur de peau. Je la remercie d’un signe de tête, elle me sourit.

-       Je sais Bastian, je sais tout ça.

  Un petit moment de silence s’en suit, où nous sommes tous perdu dans nos pensées. Les miennes tournées vers Cody. Silence, brisé uniquement par le serveur qui nous apporte notre repas. Nous le remercions et il retourne faire ce qu’il à a faire nous laissant à notre intimité.

  Nous mangeons un peu dans le silence pour commencer, je surveille discrètement Mia du coin de l’œil. Elle n’a vraiment pas l’air bien… Je m’apprête à lui demander ce qui lui arrive quand elle se lève vivement de table, une main sur son ventre :

-       Excusez-moi… Je… Je reviens.

  Je me crispe en la voyant aussi mal, je manque d’envie de me relevez pour savoir ce qui se passe. J’ai envie d’être là pour elle, mais je ne le fais pas, pétrifié par la situation. Qu’est ce qui arrive à ma Minouche bon sang ? Une boule dans la gorge, je ne pense pas pouvoir avaler quoi que ce soit de plus aujourd’hui… Je suis tellement inquiet pour elle. D’abords les étourdissements, les migraines et maintenant ça… Il est hors de question qu’elle continue à prétendre que ce n’est rien ! Dès lundi, je l’emmène chez le médecin !

-       Bastian (mon père pose une main sur mon épaule), je pensais qu’elle allait mieux… Depuis combien de temps ça dure ?

-       Deux… Peut être trois semaines… L’accident.

-       Oh… Je vois.

  Mon père n’ajoute rien mais je vois son regard se voiler, sa prise sur mon épaule se fait légèrement plus forte avant qu’il ne retire sa main. Est-ce que je suis le seul ici à n’avoir aucune idée de l’origine du mal qui est en train de ronger ma petite amie ? 

  Je n’ai pas le temps de me poser plus la question, Mia revient dans le restaurant. Sans m’en rendre compte je me lève et me dirige vers elle, je prends son visage en coupe entre mes mains et lui demande :

-       Est-ce que ça va ?

-       Maintenant oui… J’avais dit que je n’avais pas très faim.

  Je dépose un baiser sur son front et la ramène vers la table, je la fait assoir et lui tends son verre d’eau. Elle s’en empare et le vide d’une traite, mon père me devance et lève le bras pour lui en commander un autre.

  Je pousse un soupir de soulagement en constatant que les couleurs reprennent peu à peu vie sur le visage de Mia. C’est déjà ça… Je crois. Elle s’adosse contre la chaise, sirotant son verre d’eau et reprenant ses esprits. Voulant lui laisser le temps nécessaire, mon père et moi faisons mine de manger. Je joue plus avec ma nourriture qu’autre chose, j’ai la gorge trop nouée pour avaler quoi que ce soit.

-       Et bien Mia, fais attention c’est peut être une insolation que tu as là.

  Mia sursaute en entendant la voix de mon père, elle le regarde pendant un moment puis finis par hocher doucement la tête :

-       Oui sans doute… Je vais faire plus attention (elle me regarde). Je vais bien Bastian, je t’assure ça va maintenant.

  Je hausse les épaules, non ça ne va pas je ne peux plus laisser durer cette situation. Je ne dis rien et attends que nous soyons rentrés pour aborder le sujet avec elle. Mon père attire mon attention en revenant à ce pourquoi nous sommes ici aujourd’hui :

-       Je ne vais pas vous retenir plus longtemps je pense. Il vaudrait mieux que Mia s’allonge.

  Mia s’apprête à répondre encore une fois que ça va, je la devance :

-       Oui je crois que c’est mieux. Tu voulais nous parler de quoi au juste ?

  Il prend une grande inspiration, et je sais que ce qui va suivre ne va pas me plaire. Je pose mon verre, soutenant le regard de mon père :

-       Allez dit le, ça ne peux pas être si dur que ça à avaler.

  Son regard se voile d’une drôle de lueur, je me mords la lèvre inférieure. OK il est clairement question de Cody là. Mon instinct protecteur reprend le dessus et j’attends avec fébrilité la confirmation de mes pensées.

-       L’avocat m’a appelé pour me parler d’une tournure décisive pour le procès.

  Mia voyant que je suis prêt à perdre patience, prend ma main dans la sienne et noue nos doigts ensemble. Je sers doucement sa main en retour pour la remercier en silence.

-       Continue papa, s’il te plait… Je vais devenir dingue en m’imaginant des trucs là.

-       Ça ne va pas vous plaire…

-       Peu importe, il faut que je sache quoi faire pour protéger Cody...

  Ce n’est pas exactement ce que je voulais dire, mais c’est vrai. Mon père me regarde toujours, inspire un bon coup et dit :

-       L’avocat veut organiser une pré-session avant le véritable procès.

-       Et ?

-       Laisse-le finir Bastian, me dit Mia en passant une main sur ma nuque.

-       Et… ça se passerait en comité restreint. Le juge, les avocats des deux partis, Cody et… Dick. Personne d’autre.

  Je mets un petit moment à bien comprendre les mots de mon père. Oh bordel… Je ne peux pas accepter ça !

-       Hors de question ! Bordel ! Non…

-       Bastian… ça ne peut qu’être favorable pour l’issu du procès.

  Je sers les poings, émet un son monstrueux qui ressemble à un grognement et poursuis :

-       Il est hors de question que Cody se retrouve seul, sans aucun de nous, en face de la personne qui a essayé de le tuer !

  Ma voix est sans doute plus élevée que je ne le voulais, car de nombreuses personnes se sont tournées dans notre direction.

-       Bastian… Me souffle Mia.

-       Cody se reconstruit à peine ! Ce n’est pas le moment ! Non… Jamais, ça lui fera trop mal… Et Drew sera sans doute de mon avis ! Dis à ton avocat de trouver une autre solution papa, je t’en prie.

  Je manque quasiment d’air à la fin de ma phrase, je vois trouble tellement la rage s’est emparé de moi. Je ne peux pas laisser faire ça, je vais devoir faire d’Andrew mon allié sur ce coup. Je sais qu’il sera d’accord avec moi !

  Mon père affiche un petit air triste en me voyant ainsi, et c’est la voix basse qu’il dit :

-       Je crois hélas que nous n’ayons pas le choix… Tu vas devoir préparer Cody pour cette journée… 

  Oh bon sang !