28/07/2014

Chapitre 14

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 Tandis que nous grimpons les escaliers, je sens une boule d’appréhension se former dans ma gorge. Mon estomac quant à lui se retrouve sans dessus-dessous comme si j’étais en train de dévaler la pente d’un grand huit. J’appréhende ma future altercation avec Mia… Bien sur, elle est en droit de m’en vouloir et de me hurler dessus, ça je pourrais l’accepter. Après tout, je suis tout à fait conscient de mes erreurs…

  Ce qui me tord l’estomac et que je ne pense pas pourvoir supporter, c’est de voir ma Mia dévastée par les évènements de ce soir. Je sais que je lui ai fait du mal en agissant aussi maladroitement, j’en suis tout à fait conscient et me blâme terriblement pour ça. Mais de le lire dans ses yeux… La voir anéantie ou en pleure… Bon dieu, rien que de l’imaginer mon cœur se serre.

  Toutefois, je ne reculerais pas. Même si cette confrontation risque d’être terriblement douloureuse, il est de mon devoir d’accepter la responsabilité de mes actes et leurs conséquences. J’inspire un bon coup en remarquant que nous arrivons sur notre palier. Andrew qui jusqu’alors veillait à garder le silence, pose une main sur mon épaule et dis :

-       Je vais entrer d’abord et voir ce qu’il en est… Attends un peu, tu pourras ainsi entendre les réactions de ta copine et t’y préparer.

-       Je…

-       Ne discute pas, fais ce que je te dis.

  Je finis par consentir à cette marche de manœuvre. Il passe donc devant moi et s’apprête à entrer dans l’appartement qu’il partage avec mon jumeau. Mais juste avant, il se retourne vers moi et d’un regard attend mon assentiment. D’un signe de tête je l’enjoins à poursuivre. Je fais tout mon possible pour rester calme, alors qu’à l’intérieure je suis tout retourné.

  A peine a-t-il mit un pied dans l’appartement, que des bruits de pas s’avancent dans notre direction. Il s’agit de mon jumeau, j’en suis certain. Je grimace légèrement dans l’attente des injures que Cody va me lancer au visage, et finis par emboiter le pas d’Andrew pénétrant à mon tour dans le hall d’appartement. Mon regard croise celui de mon frère, comme je m’y attendais ses yeux bleus me lance des éclairs.  

  Il ne me laisse pas le temps d’avancer plus avant, puisqu’il se précipite vers moi avec un doigt accusateur pointé dans ma direction, et demande :

-       Qu’est ce qui t’a prit, sombre crétin ? Te rends-tu seulement compte de la stupidité de tes actes ?

-       Cody…

-       Non Bastian, cette fois je ne te couvrirais pas… Tu te démerdes !

-       Ce n’est pas…

  Je voudrais trouver quelque chose à lui répondre, n’importe quoi, mais je reste silencieux. Toutefois, je parviens à noter que mon frère ne semble pas réellement en colère contre moi… Il essaye de me le faire croire, mais en lisant dans son regard je ne vois que de la tristesse. Je sais que je l’ai terriblement déçu. Et je m’en veux terriblement pour ça… Andrew a raison, Cody me voyait comme son modèle, comme quelqu’un d’infaillible sur qui il pourrait toujours compter… Et ce soir, j’ai brisé ce en quoi il croyait. J’espère sincèrement que les dégâts ne sont pas trop importants, et qu’il finira par me pardonner.

  En voyant que ni moi, ni mon frère ne réagissons, Andrew prend les choses en mains. Il tente de nous ménager tous les deux du mieux qu’il peut. Je le vois qui prend mon frère dans ses bras et lui murmure je ne sais quoi à l’oreille. Mais ça semble faire mouche, car la tension qui était présente jusqu’alors dans les épaules de mon jumeau semble s’envoler. Andrew sourit en s’en rendant compte à son tour et lui embrasse tendrement le front, avant de dire :

-       Allons dans le salon bébé, tu pourras discuter avec lui demain… Ils ont besoin de se retrouver un peu seul avec…

  Il se tait subitement en apercevant ma Mia à l’entrée du couloir. Elle observe la scène les yeux rougis tout en se tordant les doigts. La voir dans un tel état me met plus bas que terre, bordel je suis minable de lui avoir infligé ça. Nos regards se croisent alors, je n’ose plus bouger attendant de voir qu’elle sera sa réaction.

  Réaction qui à vrai dire ne se fait pas attendre… Puisque je la vois s’avancer vers moi, sans jamais me quitter du regard. Je peux distinguer de là où je suis que des larmes naissent dans ses beaux yeux et que sa lèvre du bas tremblote. Je n’ose toujours pas esquisser le moindre mouvement. Quoi qu’elle fasse et quoi qu’elle dise je m’y plierai, car c’est véritablement à cause de moi qu’on en est là.

  Mon cœur bat à tout rompre, on est séparé plus que par quelques centimètres. Nos regards ne se lâchent plus, nos souffles sont erratiques. Ça me tue, je décide donc de prendre la parole :

-       Minouche écoute…

-       Non ! Tais-toi !

  Elle ne me laisse pas le temps de terminer ma phrase. A dire vrai, son geste me laisse figer sur place. L’espace d’un dixième de seconde j’ai pu distinguer dans ses yeux bleus une lueur de colère dirigée entièrement contre moi... Juste avant qu’elle ne m’assène une gifle phénoménale.

  J’en reste comme deux ronds de flancs, tant je suis sous le choc. Je n’ose pas même prendre la parole, me contentant de cligner des yeux. Ma Mia semble horrifiée par ce qu’elle vient de faire. Il faut croire que c’est la soirée où immanquablement nos comportements dérapent, et font ressortir ce qu’il y a de plus sombre en nous. Je n’en peux plus, ça me tue. Faisant taire mes appréhensions, je m’avance rapidement vers elle et referme mes bras dans son dos.

-       Là Mia calme-toi… C’est fini…

-       Non… Je… Tu… Putain…

  Elle donne de petits coups de poing contre mon torse, sanglotant terriblement, ne trouvant plus ses mots. Ce qui à pour conséquence de me la faire serrer encore plus fort contre moi. J’essaye en vain de la rassurer et de faire taire ses pleurs avec le peu de moyen que j’ai à ma disposition.

  Je ne sais pas combien de temps nous restons comme ça. Tout ce que je sais, c’est que je vois à deux reprises Andrew apparaitre dans l’encadrement de la porte, vérifiant ainsi comment ça se passe de notre côté. Mais je parviens à remarquer, mon attention toute focalisée sur la femme que je tiens dans mes bras, qu’elle ne semble plus avoir la force de sangloter.

  En effet, son attitude change de manière tangible puisqu’elle abandonne sa réserver et finit par se cramponner à moi comme si sa vie en dépendait. Elle niche son visage dans mon cou en soupirant doucement. Je caresse doucement sa nuque de ma main valide, gardant le silence préférant lui laisser un peu de temps pour se reprendre. La voir aussi apathique dans mes bras me fait verser une seule et unique larme. Je me fais la promesse de ne plus jamais la voir plonger dans un tel état par ma faute… 

  Voyant qu’elle ne réagit toujours pas, je dépose un baiser sur le sommet de son crâne et demande le plus doucement possible :

-       Tu veux rentrer chez nous ?

  Pas de réponse, juste un hochement de tête en signe d’acquiescement. Elle doit être épuisée à force d’avoir tant pleuré. Je peux la comprendre. Je nous fais nous redresser doucement tous les deux et l’aide à s’adosser contre le mur. Gentiment, j’écarte du bout des doigts les quelques mèches qui s’éparpillent sur son visage. Elle me regarde faire, mais ne réagit presque pas. Troublé je lui dis :

-       Reste ici deux minutes ma chérie, je vais prévenir les autres qu’on rentre… D’accord ?

   Elle acquiesce toujours en silence. Je dépose un chaste baiser sur son front, et le cœur lourd la laisse seule pour aller prévenir les deux autres. Quand j’entre dans le salon, je les vois tous deux affalés sur le canapé, ils discutent calmement. Je sais que j’étais leur principal sujet de conversation, parce que dès l’instant où ils m’aperçoivent, ils se taisent. Je hausse les épaules. Ce n’est pas important, Drew était sans doute en train de raconter ce qui s’est réellement passé à mon frère.

  D’ailleurs Cody se redresse légèrement et me demande :

-       Un problème Bas ?

-       Euh… Non, je voulais juste vous dire qu’on va vous laissez. On rentre chez nous.

-       Oh d’accord. Bonne soirée alors.

  Je hoche doucement la tête, et me passe une main dans les cheveux en demandant doucement :

-       On se voit demain ?...

-       Bien sûr, préviens nous quand vous sortez du lit qu’on puisse allez prendre un petit-déjeuner en ville.

-       Ok, ça marche.

  Lorsque je m’apprête à quitter le salon, la voix de mon frère dans mon dos me surprend :

-       Attends Bas…

  Je ne fais pas un pas de plus. Je me retourne pour lui faire face, sans comprendre pourquoi il me retient ainsi alors que tout semblait avoir été dit. Je n’ai pas le temps de comprendre ce qui m’arrive que déjà Cody se jette dans mes bras. Surpris, je mets quelques secondes à réagir. Mais je finis par lui rendre bien vite son étreinte, trop heureux à l’idée qu’il me pardonne aussi vite. Ce brusque revirement de situation doit avoir une origine bien précise. Par-dessus l’épaule de Cody je jette un regard vers Andrew pour vérifier mon hypothèse, ce dernier m’adresse un clin d’œil qui me la confirme. D’un geste du menton je le remercie pour tout ce qu’il a fait pour moi ce soir.

  Mon jumeau me surprend une fois de plus en disant :

-       Désolé Bas… C’est juste que cette situation… Enfin c’était dur d’imaginer que tu cachais tout ça en toi, je suis désolé de t’avoir jugé aussi vite et aussi durement.

  Emu plus que je ne le devrais, la gorge nouée par l’émotion, je réponds d’une voix plus rauque qu’à l’accoutumé en ébouriffant les cheveux de Cody :

-       Ce n’est rien petite tête… Il faut dire que je ne suis pas très démonstratif lorsqu’il s’agit de mon ressenti…

-       On est vraiment à l’opposé sur ce point.

  Cody affiche désormais un grand sourire. Il dépose un bref baiser sur ma joue, comme nous le faisions enfant au cours de nos réconciliations, et me dit :

-       Maintenant que les choses sont réglées entre nous… Fais-moi plaisir et va tout raconter à Mia, dans les moindres détails. Ne lui cache rien s’il te plait…

-       Je… Oui je vais faire ça.

-       Et vérifie que tes points de sutures n’ont pas infectés avant d’aller te coucher…

-       Promis Cody, je le ferais. Cesse de t’inquiéter, ça va aller à partir de maintenant. Je reprends les choses en mains.

  Il sourit. Je lui assène un vieux bisou bien baveux sur le front pour conclure notre accord tacite, et en évitant un coup de poing rageur dans mes côtes, je quitte le salon. Une fois mon jumeau hors de ma vue, ma bonne humeur s’échappe… Je pense que ça ne sera pas aussi facile pour Mia de me pardonner.

  Lorsque j’arrive à hauteur de Mia, elle se redresse et ressert ses bras autour d’elle comme pour se protéger. Encore une atteinte porter à mon moral, mais je ne peux lui en vouloir. Je demande hésitant :

-       On y va ?

-       Oui… Allons-y, je tombe de fatigue.

   Je hoche la tête et passe devant elle pour déverrouiller la porte de l’appartement. Elle reste silencieusement derrière moi pendant que je m’exécute. Au moment où je veux me décaler pour la laisser passer, elle me surprend en se posant à mes côtés et en prenant ma main valide dans la sienne.

  Nos regards se croisent alors, je ne fais aucun commentaire. Je la sens qui serre ma main plus que de raison. A-t-elle peur que je m’enfuis à nouveau ? Il va me falloir du temps et de la patience pour lui faire comprendre que j’ai commis une seule erreur, et que je ne suis pas prêt à recommencer.

  Gardant nos mains liées, je caresse doucement du pouce le dos de sa main et nous entraine vers notre propre appartement. Tout se passe très vite alors. Le seuil de notre appartement passé, Mia me relâche et verrouille le loquet. Je la laisse faire, attendant sagement de connaitre la suite des évènements.

  Elle se retourne, et voyant que je ne la quitte pas du regard, se met à rougir. J’ai compris à quoi rimait son petit manège, elle ferme tout de sorte à avoir l’impression d’avoir les choses sous contrôle. Je peux vivre avec ça. Trouvant le silence gênant, je pose une question banale :

-       Tu veux manger quelque chose ?

-       J’ai déjà mangé avec ton frère…

-       Tu as soif ?

-       Je vais juste m’allonger. Je suis fatiguée.

-       Je… D’accord. J’ai besoin de passer par la salle de bain avant…

  Je n’aime pas cette ambiance, c’est tendu entre nous, j’ai l’impression qu’on se regarde en chien de faïence. C’est douloureux, et pourtant il faut que je m’en accommode jusqu’à ce que Mia puisse me pardonner.  Après un dernier regard à la femme que j’aime, je me dirige toujours en silence vers la salle de bain quand retentit sa voix dans mon dos :

-       Bastian ?

  Je me retourne pour lui faire face, elle m’adresse un faible sourire que je parviens difficilement à distinguer. Mais c’est mieux que rien. C’est un début. Je lui demande en souriant à mon tour :

-       Oui, ma chérie ?

-       Tu me rejoins quand tu auras terminé ?

-       Bien sur… Je fais vite.

-       D’accord.

  Le sourire qu’elle m’adresse alors est un peu plus lumineux que le précédent. Je comprends alors de qu’elle façon je dois m’y prendre pour regagner sa confiance. Il va falloir que je lui prouve sans relâche que je ne l’abandonnerais pas. Peu importe le temps et l’énergie que ça me prendra, j’y parviendrais et tout redeviendra comme avant.

  Brisant le silence qui une fois de plus commençait à devenir gênant, elle m’annonce qu’elle va se coucher et part en direction de la chambre. Je le suis et m’engouffre bien rapidement dans la salle de bain adjacente, histoire de prendre une bonne douche. Ainsi je pourrais éliminer les effluves d’hôpital qui traine sur moi, et celle de Courtney…

  Je ne m’éternise pas sous la douche. Je me sèche rapidement et enfile un bas de jogging, avant de vérifier les points et de changer mon bandage. Tout semble allez pour le mieux. De plus quand j’ai bougé mes doigts, je ne ressentais pas trop de douleur. J’espère alors sincèrement que je ne me suis rien fait de grave, et que la douleur n’est pas juste atténuée par les médicaments.

  Je me rafraichis une dernière fois le visage, histoire de me remettre les idées en place. Inspire un bon coup, une main sur la poignée de porte et finis par entrer dans la chambre. Mia est allongée à sa place, sous les couvertures, me tournant le dos. J’avance lentement et vais m’allonger à côté d’elle sur le dos.

  Pendant un petit moment on reste comme ça, sans rien dire, j’en viens même à me demander si elle ne s’est pas déjà endormie… J’éteins donc la lampe de chevet, et plonge la chambre dans le noir. C’est ce moment que choisit ma Mia pour se retourner et se rapprocher de moi.

  Dans l’obscurité, je tends le bras et m’empare doucement de sa main, entremêlant nos doigts. Elle pousse un petit soupir, resserrant son emprise sur mes doigts, au moins elle ne sanglote plus.... Je me sens obligé de dire :

-       Je suis terriblement désolé Mia… Je n’aurai pas dû partir comme ça… J’aurais dû t’expliquer… J’ai merdé, et je regrette tellement… Je…

  Elle pose un doigt sur mes lèvres pour me faire taire, et dit calmement :

-       Tu as tout le temps du monde pour m’expliquer maintenant… Et soit convaincant, sinon tu dors sur le canapé…

  Je perçois presque son sourire dans ses dernières paroles. Moi, en tout cas, j’affiche un grand sourire en l’entendant. J’ai l’impression de retrouver peu à peu la femme dont je suis éperdument amoureux.

  Rasséréné par ses dernières paroles, je l’attire dans mes bras. On se retrouve alors en position cuillère, son dos contre mon torse. Je remonte correctement la couverture sur nous, et ressers mon étreinte.

-       D’accord je vais tout te raconter.

  Je dépose un baiser dans son cou et me mets à lui raconter les évènements de la soirée de mon point de vue. Et comme Cody me l’a suggéré, je n’omets rien et lui fait bien part de tout ce que j’ai pût ressentir. A mesure de mes confessions, je la sens se relâcher contre moi et se détendre.

  Je parle comme ça pendant un long moment sans jamais qu’elle ne m’interrompe. A un moment donné, en entendant sa respiration se calmer, je comprends qu’elle s’est endormie dans mes bras. Elle me fait encore assez confiance pour s’abandonner ainsi. Ça me met du baume au cœur que de m’en rendre compte. Je murmure doucement contre son oreille :

-       Je t’aime ma Minouche… Je ne te ferais plus jamais de mal, je te le promets.

  Je ferme les yeux à mon tour et essaye de trouver le sommeil. Je me rends compte alors qu’inconsciemment depuis le début de ma tirade, je caresse doucement et en cercle son petit ventre… 

  Je prends le temps de réfléchir à tout ça, et à ce à quoi notre vie va ressembler désormais. Je m’endors bien vite, des images de Mia et notre futur enfant pleins la tête.

25/07/2014

Boy ? Girl ? No Matter ! - Ivy's story : Partie 1

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23/07/2014

Chapitre 3

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  Sans prévenir, la sonnerie stridente de mon téléphone résonne tout près de mes oreilles. Je manque de peu de tomber du lit en essayant de couper le son, en effet j’étais tellement entortillé dans les couvertures qu’un seul petit mouvement sur le côté et je m’effondrai. Quelle vie !

  Heureusement je parviens à sauver ma peau in extremis, et coupe la sonnerie sans même regarder de qui provient l’appel. Cela fait je pousse un énorme soupir et enfonce à nouveau mon visage dans l’oreiller, espérant ainsi retrouver le sommeil. J’y parviens, presque, parce qu’étant très fatigué je sombre à nouveau bien vite dans le sommeil… Mais ça c’était sans compter sur un nouvel appel entrant ! Le fumier, c’est qu’il insiste…  Autant en finir au plus vite dans ce cas.

  Je me passe rageusement une main dans les cheveux et m’empare du téléphone. Je décroche et lance en grognant :

-         Qu’est ce qu’il y a, bordel ?!

-         C’est Mas’… Je vois que tu es toujours aussi sympathique au réveil !

  Je me pince l’arrête du nez, ok je vais essayer d’être un peu plus aimable, s’il appel c’est qu’il a une bonne raison. Je frotte doucement mes yeux douloureu, et répond :

-         Hum… Désolé, c’est juste que je n’apprécie pas vraiment de me faire réveiller aussi tôt.

  Je l’entends ricaner bêtement à l’autre bout du fil, je veux bien être gentil cinq minutes, mais si en plus il se fou de ma gueule… ça ne va pas le faire.

-         Aussi tôt ? Tu te fous de moi ? Il est onze heures et demie !

-         Que…

   Avant de passer pour un abruti, j’écarte mon portable de mon oreille et vérifie l’heure. En effet, il n’est pas si tôt que ça. On va dire que j’ai rattrapé mon sommeil… Ouais c’est exactement ça. Je hausse les épaules, peu importe, et demande :

-         Puis-je connaitre la raison de ton appel mon cher Mas’ ?

-         Ouais. J’appel pour te rappeler  que tu as rendez-vous demain dans les studios de l’agence pour un débriefing et des essayages !

-         What ?!!

  Je me redresse rapidement en entendant ça, comme si j’étais monté sur ressorts, et laisse malencontreusement échapper un cri de pure agonie. Merde… ça m’était complètement sorti de la tête avec toute cette histoire ! Je me fou une claque mentale : « reprends-toi Ivy ! ».

  Mason poursuit comme si de rien n’était, ne me laissant pas le temps de m’apitoyer sur mon pauvre sort. Oui je me l’a joue Drama-queen, et alors ? Des recommandations ? Non, c’est bien ce que je pensais… 

-         Et comme Scott m’a gentiment averti par SMS  du fait que tu te comportes comme une vraie larve depuis quelques jours déjà, j’ajoute : Bouge-toi le cul !

  Petit silence au bout de la ligne. Je souffle pour chasser les mèches de cheveux qui viennent de s’éparpiller devant mes yeux. J’inspire un bon coup et réponds :

-         Ouais… Je vais faire ça, compte sur moi ! Ma mauvaise passe est…

   Il ne me laisse même pas le temps de finir ma phrase, qu’il enchaine déjà en ordonnant :

-         Bouge ! Et plus vite que ça, bon sang !

  Puis il raccroche. Je reste scotché pendant quelques minutes à fixer mon écran de téléphone. J’en viens même à me demander si cette conversation à vraiment eu lieu. Le monde ne tourne plus rond ou quoi ? Mason ne m’a jamais parlé sur ce ton… Je veux bien que son coup de fil avait pour but de me servir de coup de pied au cul, mais quand même !

  En fait, j’essayais de prétendre être calme jusqu’à maintenant, de prendre sur moi, de relativiser… Ce qui est loin d’être le cas. Je suis en flippe total, putain ! Comment est-ce que j’ai pu me laisser aller à ce point et pendant autant de temps ? Bon ok, je me doute que pour vous deux jours ça ne représente pas grand-chose, mais pour moi si ! J’ai fait une entorse à mon planning, j’ai sauté mon rendez-vous à la salle de sport. Bon dieu ! Je suis fichu… Mon coach sportif va me faire souffrir le martyre !

   Il faut que j’appel Brittany, avec son aide je n’aurais pas d’autre choix que celui de me reprendre en main. Ouais, c’est de mon amie tyrannique dont j’ai le plus besoin actuellement. Je parcours rapidement ma liste de favoris et compose son numéro. Je souris quand elle répond à la seconde sonnerie :

-          Hey Bébé, What’s up ? (Quoi de neuf ?)

-         Je suis face à un putain de Code rouge !

  Petit blanc à l’autre bout du fil, je patiente gentiment et finis par entendre Brittany faire claquer sa langue.

-         Code rouge ? Tu as besoin qu’on aille faire les boutiques ?

  Je lève les yeux au ciel et me donne une petite tape sur le front, dépité.

-         Non ma chérie, le shopping c’est un code rose. Code rouge c’est intervention sportive imminente ! Il faut que je traine mon cul jusqu’à une salle de sport.

-         Ah oui c’est vrai, suis-je bête !

  Elle glousse maintenant. Je me retiens difficilement… Très difficilement, de lui dire de garder son sérieux cinq minutes. Brittany est quelqu’un qu’il faut caresser dans le sens du poil, si on veut en obtenir quelque chose. Je prends donc mon mal en patience, et comme rien ne vient je déclare d’une voix lasse :

-         Et là, c’est le moment où tout naturellement tu proposes de m’accompagner.

-         Hum…

  Elle se racle la gorge, signe qu’elle retient un nouvel éclat de rire. Je souris un peu, elle fait des efforts pour ne pas m’énerver plus que je ne le suis déjà, c’est cool. Elle dit alors joyeusement :

-         Tu sais très bien que je suis toujours partante pour mater du beau male en sueur ! Je me change et je te bip quand je suis en bas de ton immeuble… Bouge-toi le cul chéri !

  Et elle raccroche. Ça va faire deux fois en moins d’une demi-heure qu’on me raccroche au nez. Je vais péter un câble. Sérieusement ?! Ma petite voix se manifeste, m’énervant d’autant plus : « tant qu’il n’y a pas trop de fumée sur ton crâne, il y a de l’espoir… ».  Je me frapperai bien moi-même, mais ça serait dommage d’abimer mon si beau visage.

  Je me lève donc et quitte mon lit, sans m’emmêler dans les couvertures (héhé je suis trop fort !), et me dirige d’un pas vif vers mon dressing. Je sais ce que vous allez dire… Il n’est pas nécessaire de s’apprêter correctement pour se rendre à la salle de sport. Or c’est là que vous vous trompez ! C’est capital !

  Les gens s’arrêtent souvent à la première impression que vous leur faites quand vous les rencontrer. Et qui sais, peut-être est-ce dans une salle de sport et en étant plein de sueur que vous allez rencontrer votre âme sœur ? Alors soyez prêt et soignez  un minimum votre apparence ! C’est ce que je fais… Enfin l’autre raison, et que j’aime que tous les regards se braquent sur moi, alors je fais très attention quant au choix d’une tenue adéquate. Logique, non ?

   Bref, passons ! Il faut que j’arrête ce genre de divagations intempestives, parce que sinon je ne serais pas prêt à temps pour rejoindre Britt. J’enfile rapidement un t-shirt ample et noir qui laisse apparaitre une bonne partie de mon ventre plat, de nombreuses femmes l’envie mon petit bidon d’ailleurs… J’aime susciter l’envie et la jalousie des gens, je pense que vous l’aurez compris. A ceci, j’ajoute un short moulant mettant bien en avant mes atouts, entendez mes fesses galbées et un panier plutôt bien fourni sur le devant. Panier que je remets d’ailleurs en place d’un geste peu classieux, oui ça m’arrive, je suis un homme après tout.

  Je fulmine à l’idée de devoir enfiler mes baskets de sports, achetées uniquement pour mes cours à la salle de gym, parce que bien qu’elles soient très confortables… Elles sont hideuses ! Je dois me faire violence pour les enfiler et nouer mes lacets en un temps record. Car oui, maintenant que la tenue est officiellement achevée, il est temps pour moi de passer à la salle de bain pour me rafraichir un coup et me coiffer.

  Je m’empare de mon sac, de mon téléphone et d’une serviette de bain pour après la séance et me dirige d’un pas conquérant vers la salle de bain. A peine ai-je mis un pied en dehors de ma chambre qu’un café est pointé sous mon nez. Je souris et m’en empare joyeusement, laissant échapper un soupir de contentement tandis que j’avale une première gorgée. Le café c’est la vie !

-         Merci mon Scotty chéri, je ne sais pas ce que je ferais sans toi.

-         Pas grand-chose.

  Il m’adresse un clin d’œil et me donne une petite tape sur les fesses avant d’ajouter d’un ton railleur :

-         Hop file à la salle de bain, il ne te reste plus beaucoup de temps. Remue moi ce joli popotin et active toi !

  Je fais un arrêt sur image, j’ai comme une impression de déjà vu ! Ils se sont filés le mot pour me rabâcher cette phrase à longueur de journée ou quoi ? Les salauds, c’est un véritable complot ! Ils vont me le payer… Plus tard, je dois m’activer là !

-         Laisse mon popotin en paix, jeune homme.

 Je souris et lui bise rapidement la joue avant de m’enfermer dans la salle de bain. Je pose mon café sur le rebord du lavabo, je le terminerai plus tard Scotty à prévu le coup puisqu’il est servi dans une tasse jetable.

  Après un coup d’œil au miroir, je me dépêche de me laver le visage avec de l’eau et un peu de savon. Satisfait, j’essuie tout ça et m’applique de l’anticerne sous les yeux. Puis rajoute une couche de fond de teint, très minime pour éviter que ma peau ne brille trop quand je serais en sueur. J’applique ensuite un peu de fard à paupières couleur chair et le tour est joué. Je me brosse rapidement les dents et m’attaque à mes cheveux.

  Rien de très compliqué, je les démêle, lisse les pointes, les attache en une queue de cheval et appose un bandeau sur mon front. Hop je suis paré… Et juste à temps puisque la sonnette de l’appartement choisit ce moment pour résonner.

  Brittany est là, je m’empare rapidement des dernières affaires, récupère mon café et sors en quatrième vitesse de la salle de bain. Je hurle à m’en éclater les poumons :

-         A plus tard Scott, sois sage !

  Pour toute réponse j’entends par-dessus le son de la télé, son ricanement. Je soupir de dépit, récupère mes clefs et quitte enfin l’appartement. Je privilégie la cage d’escalier plutôt que l’ascenseur, me disant que ça fera un début d’échauffement. Sortant de l’immeuble, je retrouve une Brittany affalée contre le mur et baillant tout son saoul. Elle me repère et sourit :

-         Pff, ça fait des heures que je t’attends !

-         Arrête de dire des conneries et allons-y.

  Je me dirige vers elle, et l’entraine de force en direction de la salle de sport. Nous y entrons bras-dessus, bras-dessous, le sourire aux lèvres. Camille, la gentille dame de l’accueil m’adresse un sourire éblouissant comme à chaque fois qu’elle me voit. Je lui souris en retour et lui demande si Derek, mon coach habituel, est disponible pour un cours de dernière minute. Brittany garde le silence, les yeux déjà braqué sur les hommes en sueur. Je la comprends, il y a du potentiel aujourd’hui…

-         Désolé Ivy, il est en maladie il s’est froissé un muscle. Par contre, je peux te mettre avec son remplaçant, il est libre pour l’heure qui vient.

  Je fais un peu la moue, contrarié, Derek fait partie de ma petite routine hebdomadaire… Mais bon soit, essayons.  

-         J’espère qu’il reviendra vite et que ça n’est pas trop grave… Et ok pour le cours avec le remplaçant.

-         Je te l’appel tout de suite.

  J’attends sagement accoudé contre le comptoir. Je me demande comment ça va se dérouler aujourd’hui et à quoi il peut bien ressembler. C’est toujours gênant quand un coach m’explique un geste et qu’il est bandant à souhait… Je n’ai pas à attendre longtemps pour en savoir plus. Une grande main se pose sur mon épaule, je sursaute.

-         C’est toi, Ivy ?

  Je me retourne tout en répondant :

-         Oui c’est… Moi…

  J’en reste comme deux ronds de flanc, ne pouvant m’empêcher de bégayer sous l’effet de la surprise. Oh bon sang ! Il me suffit juste de croiser si son beau regard pour me rappeler où j’ai déjà vu ce type. C’est celui de la ruelle, mon sauveur ! No way… 

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